Les billets d'humeur

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Mon jardin est vivant

Posté le :31/05/2020

En repensant à tous ceux que j'ai accompagnés au cimetière, j'ai souvent le cœur lourd de ne pas aller plus souvent leur rendre visite à l'endroit de leur dernier séjour, mettre une fleur, arroser celle qui en a besoin, faire une petite prière, amorcer une conversation silencieuse. L'éloignement, le fait de privilégier les vivants quand je voyage espacent dans le temps ces quelques visites. Heureusement mon jardin me parle souvent de la plupart d'eux. J'ai toujours eu la manie de récupérer des boutures partout où je passe, une façon aussi de penser à mon jardin quand j'en suis loin. Des boutures qui sont devenus des arbustes, des arbres, des vivaces, des fleurs que je retrouve années après années. Ainsi un Weigelia me parle de mon père, une corête du japon de ma mère, des buddleias me parlent de ma belle-mère, j'avais récupéré deux boutures à partir de branches qui dépassaient d'une clôture près de la maison de retraite où elle a fini ses jours. Deux arbustes que je n'ai pas encore identifiés mais que je supposais être des porte-greffes pour des poiriers me font penser à mon beau-père, c'était son beau-père à lui qui les avait plantés au Croisic, lui, je ne l'ai pas connu mais il y a quelque chose de lui dans mon jardin. J'arrive même à les personnifier aussi quand il m'arrive de les bousculer avec la tondeuse ou lorsqu'il faut que je coupe une branche gênante, je m'excuse gentiment auprès d'eux. Il n'y a pas que des morts dans mon jardin, il y a aussi des vivants et même de boutures en boutures il y a des plantes qui me parlent des différents lieux où j'ai résidé, l'histoire de ma vie en quelque sorte.


Printemps et confinement

Posté le :24/04/2020

Heureux ceux qui disposent d'un jardin en ces temps de confinement, même en ayant que ça à faire, on ne s'ennuie pas et le travail ne manque pas. Par contre les mauvaises herbes ne sont pas à la fête, aussitôt qu'une montre le bout de son germe qu'elle est scalpée aussi sec. Enfin je dis cela pour le jardin qui est près de la maison, celui plus grand un peu éloigné de la maison a été livré à lui-même pendant un mois, retour à la vie sauvage, jungle et compagnie. Le président ayant dit qu'on pouvait aller semer pour préserver les récoltes à venir, j'y suis retourné mais il va falloir quelques semaines pour que mon potager s'en remette. J'ai commencé à planter des tomates, des courges en extérieur et j'ai pratiquement semé, planté et butté tout ce qui doit se faire au printemps. On a du mal à imaginer qu'il pourrait y avoir encore des gelées avec le temps estival que l'on connait actuellement. Une expression déjà largement utilisée mais qui va encore avoir encore beaucoup de succès me vient à l'esprit " On vit vraiment une époque formidable"


Jeannine

Posté le :02/02/2020

Jeannine est arrivée au bout de son chemin de vie, il n’a pas été toujours très rose, enfant elle a connu la guerre, l’exode, les privations et puis la longue maladie du père et son décès. Pour ma part, d’aussi loin qu’ils remontent, mes souvenirs me parlent d’elle et je suis sûr que c’est le cas pour ma sœur et mes frères. C’est d’abord une adresse, le 73 rue Jules Coupé à Saint-Quentin, un tout petit jardin, une cour, une pompe à eau, l’ancien atelier du grand-père, les meubles qu’il avait fabriqués, le tourne-disque, la chambre de nos tantes, le grenier, tout un univers où chaque objet était mystérieux pour une âme d’enfant. Nous avons grandi et chacun de nous gardera en mémoire quelque chose de Jeannine, les diverses péripéties avec ses voitures pour Yves, les problèmes de serrurerie, de plomberie, de télévision pour Jean-Marie et aussi ses ennuis de santé pour nous tous. Mais ce sont de bons souvenirs et il nous restera l’image de notre tante Jeannine, parfois tourmentée, parfois drôle, souvent imprévisible, qu’elle repose enfin en paix.


En octobre, brume passe, beau temps passe

Posté le :11/10/2019

La saison au jardin s’achève, en même temps celui-ci prend de la couleur, les cornouillers sanguins virent du vert au rouge, les premières feuilles tombent laissant apparaître leur branches vermillon. Les dahlias ont profité des dernières pluies et sont plus beaux maintenant que pendant tout l’été. Les asters sont en pleine floraison avec des couleurs allant du bleu foncé au bleu clair, il faut en profiter, ça ne dure pas longtemps. Les anémones du Japon forme un exubérant bouquet d’un rose lumineux. Les peupliers et un grand saule pleureur des terrains voisins complètent le décor en formant un fond tout en nuance de vert et de jaune Je viens de tondre la pelouse, deux petites heures sont nécessaires pour en venir à bout mais le résultat est là, un jardin tout beau, tout net, les bordures sont bien apparentes et soulignent les différentes parcelles, le gazon est d’un beau vert tendre, ici au bord des Mauves, il n’a pas trop souffert de la sécheresse et de la canicule. Les tontes sont éparpillées sur les parcelles potagères libérées, elles vont protéger le sol pendant tout l’hiver et l’enrichir. Bon sang, que c’est beau !


Juin pluvieux, jardinier grincheux

Posté le :10/06/2019

« S’il pleut en juin, le jardinier ronge son poing. » Les escargots sont contents, il pleut, il fait doux mais il faut choisir son moment pour faire tout ce qu’il y a à faire au jardin au mois de juin. Heureusement les prévisions météorologiques nous aident à bien anticiper le moment opportun même si les surprises sont toujours possibles avec ces orages très localisés. C’est le début des vraies récoltes, les fraises, d’abord, les groseilles, les cerises, les salades, les premières pommes de terre, les petits pois. On commence les semis de haricots verts et autres, on continue les semis de carottes, de betteraves rouges, de navets, de radis et de salades, bien sûr. Il faut prévoir la taille en vert des arbres fruitiers, de la vigne, des arbustes à fleurs qui ont fini de fleurir, les seringats, les deutzias. Il y a les poireaux à repiquer, on peut ranger les filets anti-insectes qui les protègent de la mineuse jusqu’à fin août. Les tomates maintenant bien installées demandent des soins constants, il faut régulièrement les attacher aux tuteurs, enlever les gourmands, les désherber, pour le moment point n’est besoin de les arroser. Les mauvaises herbes changent de nature, la mercuriale succède au mouron et au bouton d’or, le liseron lui est toujours là ressuscitant jouant avec le jardinier à qui aura raison de l’autre.


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